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Ville-Vieille (2h30)

Poursuivons notre parcours pour découvrir la ville-vieille, qui jouxte fort naturellement la ville de Stanislas.

Notons que les cours intérieures ne sont pas forcément visibles depuis l'extérieur, le facteur chance pour les voir se révélant alors prépondérant.

Je vous propose donc de sortir de l'hémicycle par la gauche (quand vous faites face au palais du gouvernement) et de poursuivre sur votre droite, en empruntant la Grande rue jusqu'à la porte qui la termine : il s'agit de la porte de la Craffe.

Porte de la Citadelle / Porte de la Craffe

Si vous en avez la curiosité, passez sous cette porte et dirigez-vous vers la porte de la Citadelle (porte Notre-Dame) à une centaine de mètres de là. Le côté le plus intéressant est le côté extérieur à la ville-vieille (côté Faubourg des 3 Maisons).

Construite sous Charles III pour renforcer la défense de la Craffe, la porte « Notre Dame » fut élevée par Florent Drouin le Jeune en 1598 entre deux bastions à oreillettes aujourd'hui disparus : les bastions « Le Duc » en hommage à Charles III et « le Marquis » en hommage à son fils, le marquis de Pont, future Henri II, construits par un architecte milanais, Orféo Galeani, et rasés de 1880 à 1906.

De l'édifice original subsistent deux statues, allégories des vertus du duc qui encadraient jadis les armoiries ducales et l'écu du gouverneur de la ville. Disparue en 1792, une vierge à l'enfant qui donna son nom à la porte, ornait le fronton. Pour camouffler les dégradations de la révolution, le sculpteur Giorné Viard installa en 1863, une statue représentant le duc.

La face intérieure est ornée de deux cavaliers et deux fantassins, images très caractéristiques de la fin du XVIe siècle, symbolisant les vertus que devait incarner le duc de Lorraine. Ces décorations sont dues à Florent Drouin.

A quelques dizaines de mètres sur votre gauche le long du mur, vous trouverez une petite porte menant au jardin de la Citadelle : Si vous la passez, vous vous retrouverez dans un petit jardin public sis sur ce qu'il reste des remparts, ce qui vous donnera une idée de l'épaisseur de ces derniers. Traversez le jardin et redescendez de l'autre côté puis vers la porte pour retourner porte de la Craffe.

Cette dernière est la plus ancienne porte de la ville encore debout. Construite au nord de la ville vieille lorsqu'au XIVe siècle les fortifications furent agrandies pour y incorporer deux faubourgs : le petit et le haut Bourget. C'était alors une simple tour. Le nom de la Craffe (l'Escraffe) proviendrait, selon les sources, d'un terme datant de 1220, désignant les écailles de poissons et les déchets de la maréchalerie, d'un motif en forme de coquille qui aurait orné la porte, ou bien du nom des agrafes metalliques utilisées à l'époque pour assembler des pierres.

En 1463, on lui adjoignit deux fortes tours rondes couvertes d'une toiture en poivrière (conique), qui abritèrent des prisons.

Vers 1500, on pratiqua une grande niche sur la terrasse de la face extérieure. Un groupe de l'Annonciation fut installé : il est aujourd'hui visible au musée lorrain. de part et d'autre de cette niche, des inscriptions en lettres gothiques font allusion à la bataille de 1477.

La partie centrale, qui possède encore ses mâchicoulis, fut couverte d'un toit couronné d'un lanternon en 1616. Après quelques modifications d'ordre esthétique dans les années 1600, durant l'occupation française, la tour fut à nouveau modifiée en 1861, pour remplacer le placage par un décor gothique. La petite statue de la vierge noire (début XVe), qui avait été déplacée à la Révolution, fut alors replacée dans sa niche.

L'intérieur de la porte a été conservé, et possède toujours ses salles fortes et autres cachots, où furent enfermés des prisonniers jusqu'au milieu du XIXe siècle, qui y laissèrent d'innombrables graffiti.

Petites rues, hôtels particuliers

Poursuivez votre chemin en empruntant la Grande Rue sur quelque 50 mètres, pour bifurquer sur votre droite dans la rue du Petit-Bourgeois, comprenant certainement moins de patrimoine architectural que la rue du Haut-Bourgeois*, elle n'en reste pas moins pittoresque : Rue étroite aux façades à l'alignement incertain, elle débouche rue des Loups.

* ( La rue du Haut-bourgeois, moins typique, n'en est pas moins riche en patrimoine. Malheureusement, la plupart des hôtels qui auraient pu être intéressants sont en général inaccessibles au commun des mortels. Citons toutefois les quelques bâtiments dignes d'intérêt : le 4 (hôtel de Vitrimont, puis de Fontenoy, construit par Boffrand au XVIIIe s.), les 9 et 13 (galerie ajourée, dans la cour), le 15 (hôtel des Pages. Escalier, fontaine en forme de vase (XVIe-XVIIe s.)), le 27 (hôtel d'Hoffelize), le 29 (hôtel Ferrari, puis de Vioménil, par Boffrand. Bel escalier avec plafond peint attribué à Giacomo Barilli. Fontaine). Le visiteur curieux pourra toutefois emprunter cette rue à la place de la rue des Petits-Bourgeois, les deux menant à la rue des Loups. )

Quoi qu'il en soit, arrivé(s) à la rue des Loups, tournez à gauche. Sur votre droite, découvrez l'hôtel qui a donné son nom à la rue (appelé aussi hôtel de Curel). Monsieur de Curel, maître des chasses du duc Léopold, le fit construire par l'architecte parisien Germain Boffrand. Le fronton de l'entrée principale est rehaussé d'une hure de sanglier et de trophées cynégétiques et deux grands loups assis sculptés par Lépy, rappellent les fonctions de Monsieur de Curel.

Sur votre gauche dans la même rue, se trouve l'hôtel de Gellenoncourt (appelé aussi hôtel d'Hoffelize) datant du XVIIe siècle (porte, puits).

Continuez vers la place de l'Arsenal. Au 7 (en haut sur votre droite) de laquelle vous découvrirez l'ancien arsenal (porte, trophées, cour intérieure bordée d'arcades) datant du milieu du XVIe siècle. Un peu plus loin, au coin de la rue Mgr Trouillet et de la rue Saint-Michel, sur votre droite, vous trouverez l'hôtel d' Haussonville, construit de 1528 à 1543 et remanié en 1552 par Jean III de Haussonville. La sobriété des façades côté rues s'oppose aux décors de la cour intérieure et de la tour d'escalier.

Anecdote : Côté rue Saint-Michel, en haut à gauche, au coin supérieur d'une fenêtre, vous remarquerez une petite sculpture représentant un visage...

Un peu plus loin dans la rue Mgr Trouillet, vous tournerez à droite dans la rue du Duc Raoul : Petite rue sinueuse, elle vous mènera à la rue de la Source que vous emprunterez : au 10, hôtel du marquis de Ville (fontaine), au 12 hôtel de Lillebonne (XVIe-XVIIe s.) (Porte remarquable, fenêtres, puits), au 27 l'hôtel de Brémoncourt, au 29, une porte et un puits aux armes d'Aimé Philbert (deuxième moitié du XVIe s.), au 37 l'hôtel de Spada (XVIIIe).

puis à la rue du Cheval Blanc (sur votre gauche également) (au 2, cour de 2 étages avec galerie et au 10 un escalier en vis).Après un détour par la rue de la Charité (au 14, porte du XVIe s. et au 18, hôtel de Lenoncourt XVIe XVIIe), vous arriverez alors rue des Dames (au 11 l'hôtel de Custines (puis de Ludres) construit par Boffrand (1713) ; au 12, cour avec puits, entrée de cave sculptée ( XVIe-XVIIe s.) ; au 19, puits avec niche, colonnes supportant un écusson porté par deux sirènes).

Suivez la rue des Dames vers la droite, vers la rue La Fayette (à l'opposé de la place Saint-Epvre qui fait face à l'église). Vous jeterez un oeil à gauche rue Callot juste avant la petite place surmontée d'une statue équestre. Dans cette rue, vous trouverez au 6 l'hôtel d'Havré, au 7 l'hôtel du Hautoy construit par Boffrand (XVIIIe s.), au 10 l'hôtel de Raigecourt également construit par Boffrand (XVIIIe s) (rien de bien extraordinaire vu de l'extérieur). Vous prendrez donc la suivante : rue des Maréchaux, reconnaissable entre toutes car, pietonne, elle n'est composée que de terrasses de restaurants (voir conseils restaurants un peu plus loin). Au dessus du restaurant la Gentilhommière sur votre droite, vous trouverez une plaque indiquant qu'il s'agit de la maison natale du général Léopold Sigisbert Hugo, père du Victor du même nom.

La Grande Rue

Descendez la jusqu'à la Grande Rue et tournez à gauche en laissant la place de Vaudémont (du nom du bastion qui protégeait les remparts en cet endroit) à votre droite.

7 : maison Médard Chuppin, peintre du duc. Porte du XVIe s.
11 : porte et cour avec galerie ( XVIe s.)
13 : cour avec deux puits, dont l'un daté de 1597
14 : porte du XVIe-XVIIe s.
23 : hôtel de Ligniville. Façade, escalier, galerie à entrelacs (XVIe-XVIIe s.)
29 : deux cours, puits daté de 1572, armoiries, blasons.
30 : emplacement de la maison de Georges Marquez ou fut déposé le corps de Charles le Téméraire
31 : maison des Vallée (orfèvres). Porte sculptée, galerie avec balustrade en fer forgé (XVIe et XVIIe s.)
33 : maison natale de Jacques Callot (fort probablement). Porte sculptée et niche d'angle (XVIe-XVIIe s.)
37 : hôtel de Jean Courcol (conseiller à la chambre des comptes). Cour, escalier avec porte sculptée, deux étages de galeries, balustrades en fer forgé.
43 : puits et galerie (XVIe-XVIIe s.)
82 : cour, galerie, escaliers en bois (XVIe-XVIIe s.)
83 : maison au boulet. Tourelle d'angle, porte (XVIe-XVIIe s.)
92 : hôtel de Châtenoy. Porte, escaliers, galerie puits avec niche décorée (XVIe s.)
119 : hôtel de Lunati-Visconti. Porte à fronton semi-circulaire, cour avec escalier à balustres décoré d'entrelacs (XVIe-XVIIe s.)

Sans oublier le passage devant le palais Ducal et sa porterie et l'église des Cordeliers. Le retour s'effectuera par la porte de la Craffe puis la porte de la Citadelle.

Ce que vous avez raté :

Parmi les maisons antérieures au XVIIIe siècle, dans les plus vieux quartiers de Nancy, il ne reste que quelques vestiges disséminés de ci de là en dehors du parcours présenté. Non loin des rues du Petit et Haut-Bourgeois, parallèle à ces dernières, vous pourrez faire un détour (sur votre retour, par exemple) dans la rue de Guise, laquelle comporte quelques hôtels : au 2 l'hôtel de Martigny (XVIIe s.), au 4 l'hôtel Lunati (Escalier et fontaine), au 10 une cour et un puits, au 12 l'hôtel de Bassonpierre (cour, puits - XVIe s.), au 21 une cour avec galerie. Sans négliger, évidemment, de jeter un coup d'oeil au monument le plus ancien de la ville, la tour de la Commanderie Saint-Jean du Vieil Aître que vous devriez voir le lendemain.